Le jeudi 17 septembre 2026 à Lomé, la Commission nationale du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP-Togo) a ouvert un atelier de validation d’un rapport national sur la gouvernance au Togo concernant une étude réalisée autour du thème: « l’accès des citoyens à la justice et aux services communaux ». Le document réalisé par un consultant a été soumis aux parties prenantes pour affiner le diagnostic et formuler des recommandations concrètes.

M. Victor WOMITSO, Président de la Commission nationale MAEP-Togo (au milieu)
Cette rencontre est organisée dans le cadre du processus national d’évaluation de la thématique « démocratie et gouvernance politique » conduit sous l’égide du secrétariat continental du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP), avec l’appui financier de la GIZ, l’atelier réunit une vingtaine de participants venus des départements ministériels, des institutions publiques, des collectivités territoriales, de la société civile, ainsi que les membres du comité de rédaction. Il intervient au terme d’un processus de collecte et d’analyse de données complétées par des consultations menées auprès de différents acteurs concernés.
L’exercice vise à présenter et examiner les résultats obtenus, recueillir les observations, contributions et propositions des participants, en vue d’apporter les ajustements nécessaires au document. Les échanges portent également sur les acquis, les difficultés et les défis relevés dans les différents domaines évalués, ainsi que sur les pistes susceptibles de renforcer l’efficacité de l’action publique et la qualité des services offerts aux citoyens. Les recommandations issues des discussions contribueront à la consolidation et à la validation du rapport. L’objectif est de disposer de données crédibles et fiables permettant de mieux cerner les défis de gouvernance et d’améliorer le fonctionnement des institutions, ainsi que la qualité des services publics.

Deux aspects de la gouvernance au menu du rapport
Le Rapport national sur la gouvernance au Togo (RNG-2025) s’articule autour de deux axes, à savoir : l’accès des citoyens à la « justice » et aux « services communaux ». Le premier axe part du principe que la justice occupe une place centrale dans la consolidation de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance. L’évaluation a porté notamment sur les conditions permettant aux citoyens d’accéder effectivement à la justice. Il examine ainsi les questions liées à l’accessibilité, à l’équité, à la célérité et à la proximité de la justice, avec une attention accordée aux personnes et groupes vulnérables. Il est question d’identifier les avancées enregistrées, mais également les obstacles qui continuent de limiter l’accès à une justice de qualité.
Le deuxième axe, l’accès aux services communaux, porte sur les services communaux, à travers la redevabilité, la participation citoyenne et la satisfaction des usagers. Les communes constituant pour de nombreux citoyens le premier point de contact avec l’administration publique, la qualité et l’accessibilité des prestations fournies au niveau local constituent des éléments importants de la gouvernance. Le rapport analyse donc cette relation de proximité entre les collectivités territoriales et les populations, en mettant l’accent sur l’accessibilité, l’efficacité, la transparence et la capacité des communes à répondre aux besoins de leurs administrés.

Contribuer à l’amélioration de la gouvernance
A l’ouverture, le président de la Commission nationale du MAEP-Togo, M. Victor Womitso (en costume et première loge photo ci-dessus) , a souligné que la finalité de l’exercice dépasse la production d’un rapport. Selon lui, l’objectif ultime est de contribuer à l’amélioration de la gouvernance et, par conséquent, à l’amélioration des conditions de vie des citoyens. « Notre responsabilité collective est de faire en sorte que ce rapport soit un document crédible, utile et porteur de perspectives concrètes pour l’amélioration de l’accès à la justice et aux services communaux au Togo », a-t-il confié. M. Womitso a rappelé le principe directeur du MAEP, basé sur l’auto-évaluation, le dialogue et l’amélioration continue de la gouvernance. « Le MAEP n’est pas un mécanisme de sanction. Il constitue, avant tout, un instrument d’apprentissage, de partage d’expériences et d’amélioration continue de la gouvernance », a martelé Monsieur WOMITSO.
Point sur l’évaluation
Lors de la présentation du document du rapport, M. Sédo Mensah AMLALO, en sa qualité de consultant en gouvernance administrative et locale, a fait noter que le rapport national sur la gouvernance 2025 repose sur le croisement des données administratives et des informations recueillies auprès des usagers et des professionnels concernés. Il a indiqué que dans le secteur de la justice, l’accès aux services a été évalué à 42 % par les usagers contre 52 % par les professionnels. Pour les services communaux, les usagers ont attribué une note de 54,1 % contre 64 % chez les professionnels. A son avis, la tendance qui se dégage est que l’appréciation des professionnels est plus élevée que celle des usagers.
Aussi, le Consultant, a -t-il précisé que « l’objectif de l’exercice n’est pas de porter un jugement sur le travail accompli par les différents services, mais de mesurer leur performance à partir d’indicateurs définis au préalable ». Selon lui, il s’agit de voir ce qui a été bien fait et ce qui l’a été moins bien, afin de proposer des solutions pour améliorer la performance.
Quid du MAEP
Il sied de rappeler que Togo a adhéré au MAEP le 29 juin 2008 à Sharm El Cheick en Egypte, lors du 9e forum des Chefs d’Etat et de Gouvernement du MAEP en devenait alors le 29e pays membres dudit mécanisme qui évalue les Etats membres dans les domaines six thématiques à savoir la démocratie et la gouvernance politique ; la gouvernance économique et gestion ; la gouvernance des entreprises ; le développement socio-économique ; la résilience des états aux chocs et aux catastrophes et e-gouvernance.
Jean-Baptiste SAY

