De nos jours, le numérique est au cœur des débats, des ateliers, des séminaires et conférences organisés par des instances internationales, des gouvernements et universités à travers le monde. Il a été souvent question des Mathématiques associées à l’économie, à l’agriculture, à la technologie, au transport, à la médecine.
Aujourd’hui, il fait route avec les humanités. Les sciences humaines se servent de la machine dans leurs activités de recherches au même titre que les sciences exactes suscitant ainsi plusieurs questions d’ordre épistémologique, éthique et infrastructurel en Afrique. Quel regard peut-on porter sur le numérique à l’heure où l’Afrique cherche ses repères culturel et identitaire ?

Pour répondre à cette question, l’Equipe des Etudes Anglophones de l’Université de Lomé (2EA) a organisé un colloque international, les 3 et 4 juin 2026, autour du thème : « Humanités Numériques et Défis de l’Emergence Africaine ».
A l’ouverture du colloque, le président du comité d’organisation, Dr Yao KOUMA, a déclaré que ce colloque a des objectifs clairs. « Il se veut un espace de réflexion et d’échanges sur toutes les problématiques liées à l’interaction entre les sciences sociales, humaines et du numérique », a-t-il souligné avant d’ajouter que ce colloque permet d’examiner les implications de cette innovation comme levier pour la recherche et le développement durable en Afrique.
Il a poursuivi en disant que cette rencontre ambitionne servir de tremplin pour la jeune génération de chercheurs, d’enseignants chercheurs et d’acteurs de développement.
La diversité géographique, culturel, et disciplinaire témoignent de l’esprit des humanités numériques comme d’ailleurs le manifestent les Humanités Numériques : « « The Digital Humanities » ne fait pas table rase du passé, au contraire, elles s’appuient sur l’ensemble de paradigmes, de savoir-faire, de connaissances propres à ces disciplines, tout en mobilisant les outils et les perspectives singulières du champ du numérique. Tel est bien l’enjeu politique ultime de ce champ émergent. Si nous avons besoin des Humanités Numériques, c’est pour que la numérisation en cours dans nos processus sociaux et mentaux bénéficient des dynamiques d’ouverture et des critères développés par les Humanités », a martelé Dr KOUMA.
Autrement dit, l’émergence de l’Afrique doit passer par les jugements constructifs de la numérisation en cours dans plusieurs domaines, dans les propositions concrètes et pouvoirs publics. C’est dans cette dynamique que l’Equipe des Etudes Anglophones (2AE) s’engage.
« Cet engagement ne restera pas spéculatif mais surtout actif et actionnel: Actions auprès des autorités universitaires pour que, à court et à moyen termes, ce champ émergent intègre les curricula et fait centre d’excellence à l’Humanité Numérique naissent à l’Université de Lomé, car l’avenir de l’Humanité réside dans les engrenages de la machine à compter », a-t-il conclu.

Vue partielle des participants au colloque
Pour sa part, le Vice-doyen de la faculté des Lettres et des Sciences Humaines, le Professeur IGBE, après avoir salué l’Equipe des Etudes Anglophones (2EA ) pour son travail de recherches, a apprécié la formation des jeunes chercheurs, en demandant aux participants de repenser les méthodes : « Aujourd’hui, tout se passe avec les outils téléphoniques », a-t-il rappelé.
Quant au Représentant du Vice-Président de l’Université de Lomé, Directeur adjoint de la recherche, Monsieur Agboh a précisé que le document d’orientation de ce forum rappelle, avec les 2EA, que les Humanités numériques constituent un carrefour de connaissances entre les sciences numériques et les sciences humaines ; en même temps, c’est l’espace de démocratisation. « A l’heure où le monde se configure autour de l’Intelligence artificielle, les données massives de la transformation digitale des plateformes et des nouveaux régimes de production du savoir, l’Université de Lomé ne peut pas demeurer en marge. Ce colloque est l’occasion de délivrer des énergies sur le terme « Les Humanités Numériques et les Défis de l’Emergence Africaine ». Elle doit penser créer, interpréter, formuler, orienter. Elle doit faire du numérique non pas un simple instrument de modernisation superficielle, mais un lieu de recherche et de développement de l’art, de justice hystérique et de valorisation de savoir.
Il a salué 2EA qui est jeune, certes, mais qui a déjà démontré sa capacité remarquable dans le domaine scientifique et professionnel de portée internationale. « Par son dynamisme, sa créativité, son sens d’ouverture, 2EA définit la dynamique interdisciplinaire des approches en langue anglaise au service de l’université, et qui assume désormais avec visibilité et ambition, une tâche équilibrée et efficace dans l’espace universitaire »
« Le Togo a besoin de nouveaux instruments intellectuels capables de développer des langues et le savoir », a-t-il ajouté. Par ailleurs, Il a rappelé que 2EA a déjà collaboré avec des partenaires internationaux et a acquis des expériences. « Je souhaite que les travaux de ces deux journées de colloque soient féconds, porteurs de propositions concrètes pour notre université, pour le Togo et pour l’Afrique. Que ce colloque soit un lieu de pensées, qu’il soit un espace de dégression mais aussi un laboratoire d’initiatives, qu’il soit une composition de l’université de Lomé à cette Afrique qui ne veut pas seulement consommer du numérique mais le penser, le maîtriser et l’orienter vers le développement», a-t-il conclu.
Il sied de rappeler qu’étant un cadre d’échanges et de partage des résultats de travaux de recherche, ce colloque offre un espace d’apprentissage, de familiarisation avec les avancées récentes de résultats d’autres experts afin de faire face avec succès à la complexité d’outils de développement de l’Afrique en vue d’atteindre des objectifs.
Par ailleurs, une vidéo sur les activités de 2EA a été présentée aux participants suivie d’un discours inaugural traduit et présenté par le prof Ebony Agbo. Les travaux se poursuivent en atelier.
Aussi faut-il préciser qu’environ une soixantaine de participants venus d’une dizaine de pays à travers le monde à savoir l’Algérie, le Canada, la France, le Haïti, le Nigéria, le Togo, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Maroc, le Gabon, la RD Congo et le Congo Brazzaville prennent part à ce colloque.
Anges Gbedode

