Ce vendredi 24 avril 2026, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) a organisé une marche populaire dans les principales artères de la capitale Sierra-Léonaise. L’événement a connu la participation des autorités sanitaires, experts régionaux et une foule de citoyens mobilisés pour rappeler l’urgence de mettre fin à une maladie qui continue de décimer des millions de vies.

Une marche populaire pour marquer la Journée mondiale
En tête du cortège figuraient le ministre de la Santé et de l’Hygiène de la Sierra Leone, Dr Austin Demby, le Directeur général de l’OOAS, Dr Melchior Athanase Joël C. Aïssi, ainsi que le représentant du ministère de la Santé publique du Togo en l’occurrence Dr Wotogbé Kokou secrétaire général du ministère en charge de la santé et des délégations venues des pays membres de la CEDEAO. La forte participation populaire a donné un éclat particulier à cette célébration, transformée en démonstration de solidarité régionale.

Dr Wotogbé Kokou
Le paludisme, un fléau persistant
La Journée mondiale de lutte contre le paludisme, instaurée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), vise à sensibiliser les populations, mobiliser des financements et renforcer les efforts de prévention. En Afrique, où se concentrent plus de 90 % des cas, la maladie reste l’une des principales causes de mortalité, en particulier chez les enfants et les femmes enceintes.

Le ministre Austin Demby (photo ci-dessus) a rappelé que le paludisme demeure la première cause de décès non seulement en Afrique de l’Ouest, mais aussi dans de nombreuses régions du monde. « Nous savons diagnostiquer, nous savons traiter, nous avons même un vaccin. Pourtant, la maladie persiste. C’est pourquoi nous devons changer de paradigme », a-t-il déclaré.
L’appel de Freetown : de la lutte à l’élimination
Le moment fort de la journée fut l’intervention du Directeur général de l’OOAS. Dr Aïssi a lancé un message sans équivoque : il ne s’agit plus de lutter contre le paludisme, mais de l’éliminer. « Les programmes successifs ont montré des résultats, mais il n’est plus question de continuer à combattre une maladie qui refuse de disparaître. Dorénavant, nous parlons d’élimination. C’est l’appel de Freetown », a-t-il affirmé devant la foule.

Dr Melchior Athanase Joël C. Aïssi, DG OOAS
Ce changement de vocabulaire traduit une volonté politique et technique de franchir une nouvelle étape. L’OOAS entend désormais coordonner les efforts régionaux autour d’un objectif clair : éradiquer le paludisme de l’espace ouest-africain.
Une mobilisation collective et régionale
Le ministre Demby a abondé dans le même sens, insistant sur la nécessité d’une action commune. « Les moustiques n’ont ni visa ni passeport. Cette guerre ne peut être menée individuellement. Nous allons l’éliminer ensemble », a-t-il lancé, reprenant l’image forte d’une menace transfrontalière qui exige une réponse solidaire.
La marche populaire, au-delà de son caractère symbolique, a servi de démonstration de l’engagement collectif. Les autorités sanitaires de la CEDEAO, les experts de l’OOAS et les citoyens présents ont affiché une détermination commune à transformer la lutte en une véritable campagne d’éradication.
Un événement inscrit dans un cadre institutionnel
Cette initiative s’inscrit dans le programme de la 27e session ordinaire de l’Assemblée des ministres de la Santé de la CEDEAO, ouverte officiellement le 24 avril à Freetown. La marche et les déclarations des responsables régionaux viennent renforcer les travaux de cette rencontre, qui vise à harmoniser les politiques de santé et à adopter des stratégies concertées face aux défis majeurs.
La tenue simultanée de la Journée mondiale et de l’Assemblée ministérielle confère une portée particulière à l’appel de Freetown. Elle place l’élimination du paludisme au cœur des priorités régionales, en mobilisant à la fois les décideurs politiques, les experts techniques et les populations.
Vers une nouvelle ère sanitaire
L’OOAS et ses partenaires entendent désormais capitaliser sur les acquis des programmes antérieurs moustiquaires imprégnées, campagnes de sensibilisation, traitements efficaces et introduction du vaccin pour franchir le pas décisif vers l’élimination. Les responsables régionaux insistent sur l’importance de la coordination, de l’innovation et de la mobilisation durable des ressources.
Le défi est immense, mais l’élan de Freetown marque une rupture. En transformant la lutte en une stratégie d’élimination, l’Afrique de l’Ouest affirme sa volonté de mettre fin à un fléau séculaire. La marche du 25 avril, portée par la ferveur populaire et les déclarations fortes des dirigeants, restera comme un symbole de cette nouvelle ère sanitaire.

