{"id":2960,"date":"2022-09-23T00:29:40","date_gmt":"2022-09-23T00:29:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.corpsdiplomatique.tg\/?p=2960"},"modified":"2022-09-24T00:40:12","modified_gmt":"2022-09-24T00:40:12","slug":"tribune-le-professeur-ayayi-togoata-apedo-amah-passe-au-peigne-fin-lhistorique-de-kpe-soso","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/corpsdiplomaticnews.tg\/index.php\/2022\/09\/23\/tribune-le-professeur-ayayi-togoata-apedo-amah-passe-au-peigne-fin-lhistorique-de-kpe-soso\/","title":{"rendered":"Tribune: le professeur \u00a0Ayayi \u00a0Togoata\u00a0\u00a0 APEDO-AMAH \u00a0passe au \u00a0peigne fin\u00a0 l\u2019historique de \u00abKpe soso\u00bb \u00a0"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>KPE SOSO OU PRISE DE LA PIERRE SACR\u00c9E DES GUIN: MYTHE DE&nbsp; RENOUVELLEMENT, ORACLE ET SYMBOLISME<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le jeudi 22 septembre 2022, le peuple guin du Togo et du B\u00e9nin c\u00e9l\u00e8bre le 359 \u00e8me anniversaire de la prise de la pierre sacr\u00e9e sur la place&nbsp; Gbatchoum\u00e9 \u00e0 Glidji, la capitale historique du Guindua ou Guinyi ou&nbsp; Guinyigban. Ce royaume c\u00f4tier fond\u00e9 en 1663 par le roi Foli B\u00e9b\u00e9 et&nbsp; consolid\u00e9 par son fils Assiongbon Dandjin, entra dans une rivalit\u00e9&nbsp; pour la dominance avec d&rsquo;autres royaumes : Danhom\u00e9, Anlo, Yoruba,&nbsp; Ashanti, Akwamu &#8230; , gr\u00e2ce \u00e0 une puissante arm\u00e9e \u00e9quip\u00e9e de fusils et&nbsp; de canons europ\u00e9ens. \u00c0 son apog\u00e9e, d&rsquo;apr\u00e8s les historiens, il&nbsp; s&rsquo;\u00e9tendait d&rsquo;est en ouest de Kom\u00e9 (actuel B\u00e9nin) jusqu&rsquo;\u00e0 K\u00e9ta (actuel&nbsp; Ghana) et vers le nord au-del\u00e0 du pays ouatchi et une partie du pays&nbsp; \u00e9w\u00e9. L&rsquo;une de ses plus grandes victoires a \u00e9t\u00e9 la destruction d&rsquo;une&nbsp; partie de l&rsquo;arm\u00e9e du Danhom\u00e9 du roi fon Agadja-Dossou. Plus tard, le&nbsp; Guinyi conqu\u00e9rant fut chass\u00e9 par les Anlo \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une coalition anlo-ashanti-danemark (les Danois poss\u00e9daient un fort \u00e0 K\u00e9ta) de K\u00e9ta,&nbsp; leur capitale, jusqu&rsquo;\u00e0 Aplao sur la fronti\u00e8re ouest entre le Togo et&nbsp; le Ghana. Ce fut l&rsquo;une de ses plus cuisantes d\u00e9faites militaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Les mythes et les symboles ont une grande importance dans la culture guin.\u00a0 Le mythe de l&rsquo;\u00e9ternel retour et les symboles g\u00e9om\u00e9triques\u00a0 Ep\u00e9-\u00e9kp\u00e9 s&rsquo;inscrit dans le mythe de l&rsquo;\u00e9ternel retour. \u00c9p\u00e9-\u00e9kp\u00e9 signifie litt\u00e9ralement: l&rsquo;ann\u00e9e de treize lunes ou de treize mois des\u00a0 Guin a boucl\u00e9 le cercle temporel du temps cyclique. Le mythe universel de l&rsquo;\u00e9ternel retour se fonde sur des symboles g\u00e9om\u00e9triques vodu tels\u00a0 que le cercle, la croix, le carr\u00e9, le triangle et le centre.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le vodu, la croix se manifeste \u00e0 travers le carrefour, lieu\u00a0 favorable aux offrandes et aux sacrifices destin\u00e9s aux divinit\u00e9s. Le\u00a0 carrefour, \u00e0 travers la crois\u00e9e des chemins, repr\u00e9sente un espace privil\u00e9gi\u00e9 de communication entre les divinit\u00e9s et les hommes \u00e0\u00a0 travers la verticalit\u00e9 (les divinit\u00e9s c\u00e9lestes de la verticalit\u00e9\u00a0 sup\u00e9rieure et la verticalit\u00e9 inf\u00e9rieure des divinit\u00e9s souterraines) et l&rsquo;horizontalit\u00e9 (la terre des hommes, des plantes et des animaux).<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"467\" src=\"http:\/\/www.corpsdiplomatique.tg\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/00AMAH.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2998\" srcset=\"https:\/\/corpsdiplomaticnews.tg\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/00AMAH.jpg 640w, https:\/\/corpsdiplomaticnews.tg\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/00AMAH-300x219.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><figcaption>                                                 <strong>Ayayi Togoata APEDO-AMAH<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est dans cette intention s\u00e9miotique que les chr\u00e9tiens ont aussi&nbsp; adopt\u00e9 la croix comme symbole, au-del\u00e0 de l&rsquo;instrument de supplice des&nbsp; Romains destin\u00e9 \u00e0 la crucifixion des condamn\u00e9s \u00e0 mort. L&rsquo;histoire nous&nbsp; apprend que diff\u00e9rentes formes de croix sont utilis\u00e9es par les peuples&nbsp; de tous les continents avec les m\u00eames symbolismes : la svastika ou&nbsp; croix gamm\u00e9e des indiens reprise par les nazis, la croix d&rsquo;Agadez,&nbsp; l&rsquo;ankh des Egyptiens antiques, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>La figure du carr\u00e9 avec ses quatre c\u00f4t\u00e9s indique les quatre points&nbsp; cardinaux. L&rsquo;un de ses c\u00f4t\u00e9s peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme le ciel et son&nbsp; oppos\u00e9 comme la terre. Les deux autres c\u00f4t\u00e9s sont les parois de la&nbsp; cl\u00f4ture terrestre. Le trac\u00e9 de lignes diagonales laisse appara\u00eetre un&nbsp; centre \u00e0 leurs points d&rsquo;intersection.<\/p>\n\n\n\n<p>Le centre est symboliquement l&rsquo;endroit o\u00f9 tout a d\u00e9but\u00e9&nbsp; originairement. C&rsquo;est le milieu du cercle et des autres figures&nbsp; g\u00e9om\u00e9triques mentionn\u00e9es. Le temple, l&rsquo;autel, le sanctuaire, le lieu&nbsp; de p\u00e8lerinage, la for\u00eat sacr\u00e9e, tout lieu sanctifi\u00e9&#8230; repr\u00e9sentent le&nbsp; centre. Il est le lieu de rayonnement de l&rsquo;\u00e9nergie. Le centre n&rsquo;est&nbsp; donc pas unique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le triangle se distingue aussi par sa verticalit\u00e9 et son horizontalit\u00e9&nbsp; sur deux c\u00f4t\u00e9s. Il symbolise aussi la stabilit\u00e9 avec sa base&nbsp; horizontale \u00e0 l&rsquo;image des pyramides. Ce que confirme le proverbe local: \u00a0\u00bb enu mu no na adokpo ton dji gli na wo\u00a0\u00bb (Le r\u00e9cipient d\u00e9pos\u00e9 sur&nbsp; trois pierres de foyer ne se renverse pas ).<\/p>\n\n\n\n<p>Le cercle est la ligne qui n&rsquo;a ni d\u00e9but ni fin. C&rsquo;est la ligne&nbsp; cyclique, image de l&rsquo;\u00e9ternel retour mythique. Le cercle repr\u00e9sente le&nbsp; soleil, la lune et les astres. Il appara\u00eet dans la courbe du ciel tout comme dans la ronde de la succession des saisons et m\u00eame des menstrues&nbsp; des femmes dont l&rsquo;apparition mensuelle se dit \u00ab\u00a0w\u00e9tri kpokpo\u00a0\u00bb ( la&nbsp; vision de la lune). Ces diff\u00e9rentes figures g\u00e9om\u00e9triques sont pour&nbsp; nombre de religions des espaces sacr\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;eau est un autre symbole de f\u00e9condit\u00e9, de paix, de purification, de&nbsp; cr\u00e9ation du monde dont elle est la matrice. Elle est omnipr\u00e9sente dans&nbsp;&nbsp; les rites de renouvellement guin. Elle est la condition de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>La chromatique trinitaire s&rsquo;inscrit dans une dimension symbolique.&nbsp; La trinit\u00e9 chromatique: noir, rouge, blanc<\/p>\n\n\n\n<p>Les couleurs aussi rev\u00eatent une signification symbolique dans le vodu&nbsp; pratiqu\u00e9 par les Guin.<\/p>\n\n\n\n<p>Les couleurs officielles du vodu sont au nombre de trois : le noir, le&nbsp; rouge et le blanc. Trois couleurs primordiales au niveau du symbolisme&nbsp; universel. Leur symbolisme est l&rsquo;expression d&rsquo;une vision du monde qui&nbsp; consid\u00e8re l&rsquo;\u00eatre humain comme un \u00e9l\u00e9ment de l&rsquo;univers dans sa relation&nbsp; sacr\u00e9e et spirituelle avec l&rsquo;environnement, le temps et le divin.<\/p>\n\n\n\n<p>La couleur noire repr\u00e9sente le pass\u00e9, les anc\u00eatres, la mort, le myst\u00e8re.&nbsp; La couleur rouge repr\u00e9sente le pr\u00e9sent, le sang, la vie, le danger, la&nbsp; passion, l&rsquo;\u00e9nergie ou la force vitale. La couleur blanche repr\u00e9sente&nbsp;&nbsp; la puret\u00e9, la virginit\u00e9, l&rsquo;innocence, l&rsquo;avenir ou le futur, la paix,&nbsp; les aspirations positives des hommes.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette trinit\u00e9 chromatique n&rsquo;exclut pas l&rsquo;utilisation d&rsquo;autres couleurs.&nbsp; Ces trois couleurs analys\u00e9es sur l&rsquo;axe du temps nous montrent une&nbsp; conception du temps identique aux analyses anthropologiques,&nbsp; philosophiques et symboliques que nous lisons dans des ouvrages&nbsp; savants. La trinit\u00e9 chromatique r\u00e9pond \u00e0 une trinit\u00e9 temporelle. Le&nbsp; chiffre trois rev\u00eat une importance particuli\u00e8re en tant que signe de&nbsp; stabilit\u00e9 comme on l&rsquo;a vu avec le triangle. Cette stabilit\u00e9 est li\u00e9e \u00e0&nbsp; la relation entre les humains et les dieux.<\/p>\n\n\n\n<p>La conception du temps et l&rsquo;immixtion des dieux et des anc\u00eatres dans le pr\u00e9sent<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps comme pass\u00e9, pr\u00e9sent, futur, n&rsquo;est pas un temps segment\u00e9 mais&nbsp; un continuum temporel. Les trois \u00e9tapes du temps sont une r\u00e9alit\u00e9 concomitante dans la vie de l&rsquo;\u00eatre humain. Le pass\u00e9 existe dans le&nbsp; pr\u00e9sent, tout comme le futur existe dans le pr\u00e9sent. Les anc\u00eatres ( les morts du pass\u00e9) partagent l&rsquo;existence quotidienne avec les vivants&nbsp; qu&rsquo;ils sont cens\u00e9s prot\u00e9ger. La mystagogie op\u00e8re une pr\u00e9sentification&nbsp; virtuelle des anc\u00eatres et des vodu. Les vivants interpellent les&nbsp; anc\u00eatres pour leur servir d&rsquo;interm\u00e9diaires aupr\u00e8s des vodu et de Dieu.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont des intercesseurs. Ils ont toujours une place dans les pri\u00e8res. Ils repr\u00e9sentent la filiation d&rsquo;un individu, la racine \u00e0 laquelle se rattachent une famille, un clan, une communaut\u00e9. Un&nbsp; proverbe guin est tr\u00e8s explicite en la mati\u00e8re qui dit: \u00ab\u00a0N\u00e9 wo yo \u00e9to&nbsp; wa, a yo togb\u00e9 wo b\u00e9 nko, \u00e9to d\u00e9ka mu djina am\u00e9 wo\u00a0\u00bb. Ce qui veut dire: \u00ab\u00a0Si tu nommes ton p\u00e8re, tu dois nommer aussi ton grand-p\u00e8re. Le p\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p>seul n&rsquo;enfante pas \u00ab\u00a0. Autrement dit, toute g\u00e9n\u00e9alogie commence par le&nbsp; grand-p\u00e8re, par les ascendants de la troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration au minimum.&nbsp; Il faut au moins trois g\u00e9n\u00e9rations pour parler de g\u00e9n\u00e9alogie. On n&rsquo;est&nbsp; pas seul au monde. Nommer son a\u00efeul permet \u00e0 l&rsquo;interlocuteur d&rsquo;\u00e9tablir le lien de filiation sans erreur dans un monde o\u00f9 le symbolisme est&nbsp; omnipr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n<p>Le symbolisme de la pierre sacr\u00e9e oraculaire. La pierre sacr\u00e9e est cet autre symbole auquel les Guin attachent une&nbsp; grande importance. Chez tous les peuples qui poss\u00e8dent une pierre&nbsp; sacr\u00e9e dans leurs rituels du mythe de l&rsquo;\u00e9ternel retour, la pierre&nbsp; signifie l&rsquo;immortalit\u00e9, l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 dans la mesure o\u00f9 sa mat\u00e9rialit\u00e9&nbsp; est imputrescible. La pierre sacr\u00e9e des Guin, sorte de m\u00e9tronome du&nbsp; temps cyclique, prend diff\u00e9rentes couleurs. La couleur qui s&rsquo;affiche le jour sacr\u00e9 de \u00e9p\u00e9-\u00e9kp\u00e9, inaugurant la fin d&rsquo;un cycle calendaire et&nbsp; le d\u00e9but d&rsquo;un autre, est accompagn\u00e9e d&rsquo;un message qui vient du ciel,&nbsp; le domaine de Mawu (Dieu) et des dieux (les vodu) en g\u00e9n\u00e9ral. Quand la&nbsp; pierre appara\u00eet toute blanche, c&rsquo;est un bon augure, car cette couleur&nbsp; veut dire la paix, le bonheur, la prosp\u00e9rit\u00e9, de bonnes r\u00e9coltes et&nbsp; une bonne saison des pluies, ainsi que l&rsquo;\u00e9loignement des maladies, des&nbsp; accidents et de tous les malheurs. Certaines couleurs annoncent des&nbsp; malheurs, des difficult\u00e9s pour la nouvelle ann\u00e9e. Cette pierre sacr\u00e9e&nbsp; qui a un pouvoir oraculaire, d\u00e9livre au peuple guin le message des&nbsp; guin y\u00e9ho\u00e9si, les quarante et une divinit\u00e9s vodu du panth\u00e9on national.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet oracle \u00e9voque toujours la m\u00e9t\u00e9o \u00e0 venir et est accompagn\u00e9 de mises&nbsp; en garde des pr\u00eatres qui poss\u00e8dent le secret de l&rsquo;herm\u00e9neutique&nbsp; divinatoire. Un accent particulier est mis sur le respect scrupuleux&nbsp; des interdits et des tabous qui sont sources de d\u00e9sordre, donc de&nbsp; mises en danger de l&rsquo;ordre social dont les interdits sont les&nbsp;&nbsp; garde-fou de la sociodic\u00e9e. Les transgressions physiques et discursives de l&rsquo;illicite sont v\u00e9cues par la population comme des&nbsp;&nbsp; souillures des valeurs spirituelles, des menaces sacril\u00e8ges et&nbsp;&nbsp; blasph\u00e9matoires qui provoquent parfois des r\u00e9actions violentes dans&nbsp; les soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles, lesquelles sont oblig\u00e9es de r\u00e9tablir&nbsp; l&rsquo;ordre rompu par des sanctions afin d&rsquo;\u00e9viter des troubles \u00e0 l&rsquo;ordre&nbsp;&nbsp; public et des troubles \u00e0 l&rsquo;ordre de la spiritualit\u00e9. La souillure est contagieuse et d\u00e9stabilisatrice dans les cultures traditionnelles&nbsp; holistes : o\u00f9 le groupe s&rsquo;impose \u00e0 l&rsquo;individu. Il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une&nbsp; topique de la science anthropologique.<\/p>\n\n\n\n<p>En dehors des rituels sacr\u00e9s organis\u00e9s par les pr\u00eatres vodu et les&nbsp; adeptes, le peuple c\u00e9l\u00e8bre la f\u00eate en organisant des repas familiaux&nbsp; o\u00f9 les amis et le voisinage sont invit\u00e9s. On offre du y\u00eak\u00ea-y\u00eak\u00ea, un couscous de farine de ma\u00efs, une sp\u00e9cialit\u00e9 culinaire guin, le plat&nbsp; principal des festivit\u00e9s, aux voisins et aux amis qu&rsquo;on ne peut pas&nbsp; inviter. Cette c\u00e9l\u00e9bration festive de y\u00eak\u00ea-y\u00eak\u00ea n&rsquo;est pas faite par&nbsp; tout le monde le m\u00eame jour. Car elle s&rsquo;\u00e9tend de septembre \u00e0 d\u00e9cembre,&nbsp; avant le retour des vodu marins dans l&rsquo;oc\u00e9an (vodu dj\u00e9 apu). Ce d\u00e9part&nbsp; des vodu de la mer qui est la fin de leur s\u00e9jour terrestre parmi les&nbsp; hommes, n&rsquo;est qu&rsquo;un au revoir jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du nouveau cycle. Des&nbsp; c\u00e9r\u00e9monies sp\u00e9ciales les accompagnent dans leur retraite, avec ferveur&nbsp; et dignit\u00e9, afin qu&rsquo;ils continuent \u00e0 veiller sur les humains et tout&nbsp; le peuple guin.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jour de la sortie de la pierre sacr\u00e9e qui a toujours lieu un jeudi&nbsp; des mois d&rsquo;ao\u00fbt ou de septembre en fonction du cycle lunaire, voit une&nbsp; foule immense se r\u00e9unir \u00e0 Glidji, la capitale du Guindua. Des membres&nbsp; expatri\u00e9s de la communaut\u00e9 dans les pays voisins : B\u00e9nin, Ghana, C\u00f4te&nbsp; d&rsquo;Ivoire, Nigeria, Burkina Faso et d&rsquo;ailleurs, rentrent tr\u00e8s nombreux&nbsp; au bercail pour se ressourcer spirituellement. C&rsquo;est une occasion&nbsp; privil\u00e9gi\u00e9e de purification et de b\u00e9n\u00e9dictions. La couleur dominante&nbsp; est le blanc, la couleur principale du vodu. C&rsquo;est une occasion de&nbsp; communion du peuple guin \u00e0 travers ses composantes et ses croyances.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous les chefs traditionnels de tous les clans et les diff\u00e9rents&nbsp; couvents vodu sont pr\u00e9sents et aux premi\u00e8res loges.<\/p>\n\n\n\n<p>Les transes des adeptes du vodu, les yeux r\u00e9vuls\u00e9s, chevauch\u00e9s par des&nbsp; divinit\u00e9s qui sont des ph\u00e9nom\u00e8nes d&rsquo;\u00e9piphanies, sont salu\u00e9es par des&nbsp; cris d&rsquo;all\u00e9gresse, des youyous et le slogan : \u00a0\u00bb W\u00e9tri wo\u00e9ton mu so&nbsp; loo\u00a0\u00bb (Treize lunes, ce n&rsquo;est pas court). Les adeptes rivalisent&nbsp; d&rsquo;\u00e9l\u00e9gance, les reins ceints d&rsquo;un pagne blanc, le torse nu pour la&nbsp; femme et l&rsquo;homme. Le torse, les bras et les jambes sont recouverts de&nbsp; diff\u00e9rents dessins ou figures g\u00e9om\u00e9triques avec du kaolin. Les femmes&nbsp; se maquillent le visage, portent les plus belles tresses, celles des grands jours. Les longues cha\u00eenes, les bracelets et les bagues faits&nbsp; de grosses perles de valeur ou d&rsquo;or constituent une tenue d&rsquo;apparat&nbsp; coruscante qui en impose \u00e0 la vue sous le soleil de l&rsquo;apr\u00e8s-midi.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;esth\u00e9tisation des corps est une fa\u00e7on d&rsquo;esth\u00e9tiser la c\u00e9r\u00e9monie&nbsp; communielle dans le respect de l&rsquo;ordre cosmique. Quand il vient \u00e0&nbsp; pleuvoir, les croyants accueillent la pluie comme une b\u00e9n\u00e9diction divine et ne se dispersent pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Les autres spectateurs\/acteurs de la c\u00e9r\u00e9monie sentent, pour certains&nbsp; d&rsquo;entre eux, un frisson leur parcourir l&rsquo;\u00e9chine. Effets psychologiques&nbsp; conjugu\u00e9s de la communion, de l&rsquo;\u00e9piphanie des dieux et de l&rsquo;atmosph\u00e8re&nbsp; sacr\u00e9e et festive avec les chants et les danses qui favorisent un&nbsp; instinct gr\u00e9gaire chez les participants.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les pri\u00e8res et les discours de circonstance, les pr\u00eatres et les&nbsp; dignitaires ne manquent pas d&rsquo;\u00e9voquer les grands souverains fondateurs&nbsp; du royaume confondus avec les anc\u00eatres. C&rsquo;est leur fa\u00e7on de flatter le&nbsp; patriotisme de la communaut\u00e9 en insistant sur la longue g\u00e9n\u00e9alogie de&nbsp; la nation dont ils descendent. Trois cent cinquante-neuf ans&nbsp; repr\u00e9sentent dix-huit g\u00e9n\u00e9rations depuis la fondation du royaume du&nbsp; Guinyi en 1663. Cette fondation de l&rsquo;\u00c9tat et sa dominance jadis sur&nbsp; une portion de la c\u00f4te du B\u00e9nin et une partie de l&rsquo;hinterland, est&nbsp; narr\u00e9e comme une \u00e9pop\u00e9e avec emphase et exag\u00e9ration quitte \u00e0&nbsp; \u00e9gratigner quelque peu la v\u00e9rit\u00e9 historique. Il est question d&rsquo;allumer la flamme et la fiert\u00e9 du sentiment national dans les c\u0153urs des membres de la communaut\u00e9 en magnifiant ses anc\u00eatres prestigieux \u00e0 travers un discours encomiastique et des slogans flatteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous les rites de renouvellement de la prise de la pierre sacr\u00e9e&nbsp; permettent symboliquement au corps social de se r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer par la r\u00e9it\u00e9ration de l&rsquo;acte originaire, primordial, &#8211; un hapax -, l\u00e0 o\u00f9 tout a commenc\u00e9. Le sacr\u00e9 est donc l\u00e9gitimit\u00e9 par tout un ordonnancement&nbsp; rituel et sacrificiel \u00e0 travers la foi. La foi transforme tout&nbsp; l&rsquo;appareil spirituel et son symbolisme en \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb de par son&nbsp; efficacit\u00e9 symbolique, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;action ou le geste dont&nbsp; l&rsquo;interpr\u00e9tation symbolique d\u00e9bouche sur un effet th\u00e9rapeutique. Le&nbsp; rituel de kp\u00e9-soso est v\u00e9cu comme un drame, une mise en sc\u00e8ne&nbsp; th\u00e9\u00e2tralis\u00e9e dont l&rsquo;efficacit\u00e9 symbolique se manifeste par la&nbsp; communion cathartique. L&rsquo;ordre social doit \u00eatre le pendant de l&rsquo;ordre cosmique. Ce rassemblement sacralis\u00e9 qui provoque des \u00e9tats de&nbsp; conscience (catharsis, transe, identification&#8230;) li\u00e9s aux relations existentielles, est la cons\u00e9quence de l&rsquo;influence du groupe sur&nbsp; l&rsquo;individu, car toute culture, en plus d&rsquo;\u00eatre un facteur important&nbsp; d&rsquo;identification pour l&rsquo;individu et la communaut\u00e9, est une cl\u00f4ture&nbsp; \u00e9labor\u00e9e \u00e0 l&rsquo;aide de dispositifs symboliques ou techniques par rapport&nbsp; \u00e0 tout ce qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas. Autrement dit, les autres ne sont pas comme nous. Ils sont diff\u00e9rents de nous. Notre culture est notre&nbsp; singularit\u00e9. Cette cl\u00f4ture est tr\u00e8s importante pour les Guin qui&nbsp; l&rsquo;expriment par la formule c\u00e9l\u00e8bre : \u00ab\u00a0Guindua agbo l\u00e9 nu \u00a0\u00bb (Le Guindua<\/p>\n\n\n\n<p>est clos par un portail). Cette formule de cl\u00f4ture est souvent&nbsp; incomprise par les \u00e9trangers \u00e0 cette culture qui pensent que le&nbsp; portail dont il s&rsquo;agit est un objet mat\u00e9riel. C&rsquo;est une m\u00e9taphore, un&nbsp; portail immat\u00e9riel et symbolique qui repr\u00e9sente une double cl\u00f4ture,&nbsp; celle entre les Guin et tous les \u00e9trangers ( les non Guin), d&rsquo;une&nbsp; part, et celle entre les diff\u00e9rents clans guin qui poss\u00e8dent des variantes culturelles (les noms de primog\u00e9niture entre autres),&nbsp; d&rsquo;autre part. La cl\u00f4ture culturelle dont il est question, ne s&rsquo;oppose pas \u00e0 la notion de soci\u00e9t\u00e9 ouverte (une soci\u00e9t\u00e9 ouverte au changement,&nbsp;&nbsp; au progr\u00e8s, au pluralisme politique) du philosophe austro-britannique&nbsp; Karl &nbsp;Popper. Les sciences de la communication nous apprennent que la&nbsp; communication (\u00e0 ne pas confondre avec l&rsquo;information) est une liaison, une pr\u00e9sence qui n&rsquo;a pas besoin de message pour influencer l&rsquo;individu (le silence, un sourire, des larmes, la pr\u00e9sence, l&rsquo;absence&#8230; sont&nbsp; d\u00e9pourvus d&rsquo;informations en tant que tels, et pourtant ils&nbsp; influencent.) Dans ce genre de c\u00e9r\u00e9monie cultuelle et culturelle, la forme importe plus que le contenu du message connu de tous. Le message&nbsp; cultuel est r\u00e9p\u00e9titif et redondant. Il n&rsquo;apprend rien que l&rsquo;adepte ne&nbsp; sache d\u00e9j\u00e0. Raison pour laquelle dans les cultes de toutes les&nbsp; religions, sauf interdiction expresse, en l&rsquo;absence des&nbsp; eccl\u00e9siastiques, n&rsquo;importe quel individu peut dire ou mimer le rituel.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est donc la communication qui prime \u00e0 partir de l&rsquo;\u00e9change d&rsquo;une&nbsp; exp\u00e9rience \u00e9motionnelle commune. Communication n&rsquo;est pas loin de&nbsp; communion dans ce contexte.<\/p>\n\n\n\n<p>Le nouvel an sous le signe du pardon et de la r\u00e9conciliation. Le kp\u00e9-soso est toujours plac\u00e9 sous le signe du pardon, de l&rsquo;amour et&nbsp; du patriotisme. Le monde ne fait sens que dans la cl\u00f4ture culturelle \u00e0 travers une d\u00e9marche s\u00e9miotique dans laquelle la reconnaissance&nbsp; pr\u00e9c\u00e8de la connaissance au niveau de l&rsquo;interpr\u00e9tation des signes. Chez&nbsp; les Guin, le noir ou le rouge sont les couleurs du deuil li\u00e9es \u00e0 la circonstance de la survenue de la mort. Le rouge repr\u00e9sente la mort&nbsp; violente par accident ou assassinat. Chez les Chinois, le blanc est la couleur du deuil alors que le blanc est un signe d&rsquo;all\u00e9gresse chez les&nbsp; Guin. D&rsquo;o\u00f9 vient que certaines familles s&rsquo;habillent de blanc pour les&nbsp; c\u00e9r\u00e9monies de deuil d&rsquo;un d\u00e9funt qui a v\u00e9cu un grand \u00e2ge pour&nbsp; l&rsquo;honorer. Parfois, certaines personnes \u00e2g\u00e9es demandent le blanc \u00e0&nbsp; leur enterrement qui doit \u00eatre une occasion de r\u00e9jouissances et non de&nbsp; tristesse. C&rsquo;est dire qu&rsquo;un m\u00eame signe n&rsquo;a pas toujours la m\u00eame&nbsp; signification dans la cl\u00f4ture des cultures, d&rsquo;o\u00f9 les nombreux contresens d&rsquo;interpr\u00e9tation des signes entre cultures. Un proverbe est tr\u00e8s explicite \u00e0 ce sujet : \u00a0\u00bb Edu siadu kudo y\u00e9 b\u00e9 koklo b\u00e9 ato kuku\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>(Chaque pays poss\u00e8de son chant de coq particulier). Ekp\u00e9-soso est une&nbsp; occasion de partage. C&rsquo;est pourquoi tous les bienfaits sollicit\u00e9s par les pr\u00eatres ou offerts par les vodu au profit du pays guin, sont&nbsp; souhait\u00e9s aussi \u00e0 l&rsquo;ensemble des autres nations qui habitent le grand&nbsp; pays pluriel dans un \u00e9lan de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et de solidarit\u00e9. Ekp\u00e9-soso, un facteur de r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;ali\u00e9nation dans un univers n\u00e9o-colonial . La signification de cette f\u00eate, comme toutes celles qui plongent les peuples africains opprim\u00e9s \u00e0 double titre par l&rsquo;imp\u00e9rialisme et les&nbsp; potentats nationaux, dans leurs racines comme un bain de jouvence, est&nbsp; un acte de r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9rialisme et \u00e0 l&rsquo;ali\u00e9nation, \u00e0 la&nbsp; perversion de nos cultures africaines par des id\u00e9ologies import\u00e9es,&nbsp; des modes de vies vou\u00e9s au consum\u00e9risme du capitalisme sauvage et des&nbsp; religions bellig\u00e8nes m\u00e9prisantes dont les gourous veulent faire des Africains, apr\u00e8s la colonisation et l&rsquo;esclavage, des zombies du XXIe&nbsp; si\u00e8cle. Nos langues bafou\u00e9es, d\u00e9nigr\u00e9es sont menac\u00e9es de disparition.<\/p>\n\n\n\n<p>Nos dirigeants, purs produits du n\u00e9ocolonialisme comme nos \u00e9lites&nbsp; intellectuelles tr\u00e8s limit\u00e9es parce que trop ali\u00e9n\u00e9es et dont les&nbsp; r\u00e9f\u00e9rences sont \u00e9trang\u00e8res, refusent d&rsquo;en faire des langues d&rsquo;enseignement et de culture, prolongeant de la sorte la colonisation&nbsp; et la s\u00e9gr\u00e9gation linguistique. C&rsquo;est par l&rsquo;\u00e9ducation nationale que l&rsquo;on forme intellectuellement et culturellement un peuple, surtout sa&nbsp; jeunesse. Quand on veut d\u00e9truire la jeunesse d&rsquo;un pays, on la coupe&nbsp; brutalement de ses racines au profit d&rsquo;une culture b\u00e2tarde et toxique&nbsp; qui ne &nbsp;la situe nulle part, en \u00e9laguant, &nbsp;comme des mauvaises branches,&nbsp; des t\u00eates juv\u00e9niles, toutes les r\u00e9f\u00e9rences nationales. Les dirigeants&nbsp; africains sont devenus des colons noirs. Les fausses ind\u00e9pendances&nbsp; n&rsquo;ont rien chang\u00e9. La preuve: sur le calendrier des f\u00eates nationales&nbsp; 90 \u00e0 95% des jours f\u00e9ri\u00e9s sont des f\u00eates chr\u00e9tiennes h\u00e9rit\u00e9es des&nbsp; crimes contre l&rsquo;humanit\u00e9 que sont la colonisation et l&rsquo;esclavage. Et&nbsp; pourtant, il ne suffit que d&rsquo;un simple d\u00e9cret ou d&rsquo;une loi pour&nbsp; rem\u00e9dier \u00e0 cette stupidit\u00e9. Ekp\u00e9-soso n&rsquo;a droit \u00e0 aucun jour f\u00e9ri\u00e9 sur&nbsp; le calendrier de la honte. Non plus que ces f\u00eates traditionnelles des&nbsp; diff\u00e9rentes nations togolaises que sont agbogbozan, ayizan, d&rsquo;pontr,&nbsp; n&rsquo;dack, ovazu, \u00e9vala, kamin, odontsu, djawuwuzan, gadao-adossa,&nbsp; gbagbazan, kamaka, kilikpo, kudapaani, sintou djadjagou, sin&rsquo;karim,&nbsp; etc. C&rsquo;est pratiquement la m\u00eame situation honteuse dans la plupart des&nbsp; pays africains francophones, anglophones et lusophones. Les minist\u00e8res&nbsp; de la Culture ne servent \u00e0 rien. Le douloureux refus d&rsquo;int\u00e9grer les&nbsp; cultures nationales au syst\u00e8me d&rsquo;enseignement, expression scandaleuse&nbsp; d&rsquo;une absence de projet de d\u00e9veloppement et de vision t\u00e9moigne de&nbsp; l&rsquo;incapacit\u00e9 de la classe politique n\u00e9o-coloniale \u00e0 se projeter. Sa&nbsp; pratique et sa conception de la gestion du bien commun est un monument&nbsp; d&rsquo;inculture, de m\u00e9diocrit\u00e9 et de cynisme. Cette attitude r\u00e9actionnaire&nbsp; qui rel\u00e8ve du vandalisme a fait perdre aux pays africains plus d&rsquo;un&nbsp; demi-si\u00e8cle d&rsquo;avanc\u00e9es au niveau de la construction identitaire d&rsquo;une&nbsp; nouvelle personnalit\u00e9 psychologique et de la lib\u00e9ration des&nbsp; instruments d&rsquo;ali\u00e9nation du n\u00e9o-colonialisme et d&rsquo;un pass\u00e9&nbsp; traumatisant fait de violence et de barbarie. Notre pr\u00e9sent s&rsquo;en&nbsp; ressent \u00e0 travers une \u00e9ternelle transition politico-\u00e9conomique, depuis&nbsp; les ind\u00e9pendances truqu\u00e9es, qui est devenue une mis\u00e8re sans&nbsp; perspective de salut, laquelle envoie une partie de notre jeunesse se&nbsp; suicider dans la M\u00e9diterran\u00e9e dans la qu\u00eate de l&rsquo;Eldorado mythique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces changements \u00e0 faire et qui ne se font pas, montrent \u00e0 quel point&nbsp; l&rsquo;esclavage mental perdure au niveau des dirigeants et des \u00e9lites&nbsp; intellectuelles apr\u00e8s les ind\u00e9pendances bidon dans\u00e9es sur un rythme de&nbsp; cha cha cha.<\/p>\n\n\n\n<p>En philosophie, Kant avait pos\u00e9 la question essentielle en&nbsp; s&rsquo;interrogeant avec cette phrase: \u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;homme ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, avec le d\u00e9veloppement de la science, la philosophie des&nbsp; sciences, surtout avec les progr\u00e8s de la technoscience, pose une&nbsp; nouvelle question essentielle : \u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;homme veut faire de&nbsp; l&rsquo;homme ?\u00a0\u00bb Je rebondis sur cette derni\u00e8re question pour en poser une&nbsp; autre tout aussi philosophique et essentielle : Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;homme&nbsp; africain veut faire de l&rsquo;homme africain ?<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut finir sur une note d&rsquo;espoir de la soci\u00e9t\u00e9 guin en guise de&nbsp; voeu de nouvel an : \u00a0\u00bb Apu gbl\u00e9 o, Eguinnu la du ablo. Apu gba nyo tchan, Eguinnu la du ablo \u00a0\u00bb (La mer&nbsp; a beau \u00eatre d\u00e9mont\u00e9e, le Guin mangera l&rsquo;ablo. M\u00eame quand la mer est&nbsp; favorable, le Guin mangera l&rsquo;ablo.)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ayayi &nbsp;&nbsp;Togoata &nbsp;&nbsp;APEDO-AMAH<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KPE SOSO OU PRISE DE LA PIERRE SACR\u00c9E DES GUIN: MYTHE DE&nbsp; RENOUVELLEMENT, ORACLE ET SYMBOLISME Le jeudi 22 septembre 2022, le peuple guin du Togo et du B\u00e9nin c\u00e9l\u00e8bre le 359 \u00e8me anniversaire de la prise de la pierre sacr\u00e9e sur la place&nbsp; Gbatchoum\u00e9 \u00e0 Glidji, la capitale historique du Guindua ou Guinyi ou&nbsp; [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":2998,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12,124,1],"tags":[],"class_list":{"0":"post-2960","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-culture-tourisme","8":"category-la-une","9":"category-non-classe"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/corpsdiplomaticnews.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2960","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/corpsdiplomaticnews.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/corpsdiplomaticnews.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/corpsdiplomaticnews.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/corpsdiplomaticnews.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2960"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/corpsdiplomaticnews.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2960\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3001,"href":"https:\/\/corpsdiplomaticnews.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2960\/revisions\/3001"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/corpsdiplomaticnews.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2998"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/corpsdiplomaticnews.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2960"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/corpsdiplomaticnews.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2960"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/corpsdiplomaticnews.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2960"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}