Le 03 mars dernier au Benin, le parti d’opposition « Les démocrates’ a été bouleversé par l’annonce de la démission de son président national. Dr Yayi Boni, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a envoyé au bureau national de son parti sa lettre de démission. L’homme justifie sa démission par sa santé fragile.

Oui, s’il faut accepter la raison sanitaire, il va sans dire que son départ valait la peine parce que le parti traverse une situation délicate qui porte atteinte à ses activités politiques. D’abord, pour des raisons liées à la mauvaise organisation des élections, le parti est absent dans les compétitions électorales. Ainsi, le parti n’a aucun député à l’assemblée nationale, ni de conseillers municipaux.
Toujours est-il que des dissensions internes aussi fragilisent la force du parti qui perd ses zones d’influence.
Enfin, il ne faut pas oublier qu’on reproche à Yayi Boni d’entretenir du régionalisme au sein du parti. On parle des membres de son entourage, très influents qui seraient originaires du Nord.
Au regard de toutes ces raisons, tout porte à croire que son départ serait la bienvenue. Que nenni ! Les membres du bureau n’acceptent pas cette démission. En principe, on aurait assisté au contraire, c’est-à-dire accepter qu’il parte afin de donner un nouveau souffle au parti. Le paradoxe, c’est plutôt des jeunes membres du parti qui refusent que Dr Yayi Boni quitte la tête du parti. Ce refus pourrait s’expliquer par la culture du multipartisme en Afrique francophone où les fondateurs des partis gèrent comme leurs propres entreprises car ces derniers demeurent les seuls financiers de ces partis. Par-là, ils décident de tout. Ils sont des maîtres absolus. Aucun courant de pensées contraires à celui du fondateur n’est toléré. Juste l’auteur de ce courant dissident est considéré comme rebelle. Des membres issus de la basse classe n’ont pas la capacité de cotiser pour les activités du parti. Donc, beaucoup craignent que Dr Yayi Boni ne va plus dépenser pour le parti s’il s’avérait qu’il quitte la tête du parti.
Dans ce cas d’espèce, le départ de Yayi Boni est-il une bonne chose ou non pour la relance du parti dans les prochaines échéances électorales ? Les jours à venir nous instruiront mieux.
En tout cas la culture du multipartisme en Afrique francophone a du plomb dans l’aile car le départ du fondateur fait toujours peur pour deux raisons: absence du charisme et embarras financiers. À cause du culte de la personnalité dont a bénéficié le président fondateur du parti, les membres ont du mal à accepter la démission de leur chef. Que faire pour que ce grand parti puisse renaître de ses cendres? Malin, sera celui-là qui donnerait une réponse irréprochable.
Anges Gbedode

