À Lomé, la marche pacifique organisée ce samedi 30 août 2025 par le Mouvement du 6 juin (M66) a été très vite étouffée par les forces de sécurité. Plusieurs personnalités politiques et leaders d’opinion ont été empêchés de sortir de leur domicile.

L’appel à manifester du Mouvement du 6 juin qui devrait se tenir ce samedi sur toute l’étendue du territoire a été étouffé par les forces de sécurité qui ont pris d’assaut les quartiers et les domiciles de certaines personnalités.
« Depuis 1 h du matin, des forces de l’ordre ont encerclé notre quartier. À 9 h, alors que nous nous apprêtions à entamer une marche pacifique sur le trottoir, il nous a été interdit de la poursuivre. Nous rappelons que cette initiative était strictement pacifique et respectueuse des droits et libertés fondamentaux », a écrit la députée Brigitte Adjamagbo-Johnson sur sa page Facebook.
L’ex-ministre des Armées, Marguerite Gnakadé qui dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux appelait la population à une grande mobilisation, a joint l’acte à la parole. Mais après avoir parcouru quelques mètres, elle a été contrainte par la gendarmerie nationale à retourner chez elle.
Un peu plus loin, dans le quartier d’Agoè, un rassemblement de manifestants a été dispersé à coup de gaz lacrymogène.
L’artiste de la chanson Aamon qui avait promis de battre les pavés a également été contraint à rester chez lui. « Nous restons toujours dans une démarche de la non-violence et du pacifisme. Nous nous battons pour l’équité et L’amélioration des conditions de vies de tous les togolais, les corps habillés y compris. Nous sommes contre un mode de gouvernance et cela ne devrait normalement déranger personne ! », a écrit l’artiste sur les réseaux sociaux.
« Que se passe-t-il? Qui a intérêt à empêcher les gens de marcher pour dénoncer la mauvaise gouvernance, la torture, l’impunité ? A qui profite un système corrompu ? », s’interroge -t-il.
Les organisateurs de cette manifestation dite pacifique, exigent entre autres le départ du président du conseil, Faure Gnassingbé, la libération des détenus politiques et le retour à la Constitution de 1992.
Eyram AKAKPO